Loi El Khomri : Non, merci ! Après les annonces du 14 mars

Le CAC n’est pas une organisation syndicale. Il laisse à celles-ci le soin d’apprécier les changements opérés. Il est par contre dans son rôle de pointer quelques réalités :

  1. Malgré des modifications non négligeables, on ne change jamais la philosophie d’un texte en le modifiant après coup. Il y avait au moins deux autres propositions pour réformer le droit du travail (celles de la CGT et celles d’un groupe de juriste). Il eut été démocratique de les mettre toutes à plat.
  2. Nous comprenons parfaitement l’écart qu’il y a, pour un petit entrepreneur, entre l’enthousiasme pour son métier et les contraintes règlementaires auxquelles il ne peut pas toujours consacrer le temps nécessaire. Mais derrière ces « tracasseries », il y a la vie des salariés, de leur famille, et de la collectivité où ils sont implantés. Nous sommes sûrs qu’ils n’y sont pas insensibles. C’est donc une affaire de compromis, mais la Loi travail accroît la liberté des patrons de licencier ou d’augmenter le temps de travail sans véritable contrepartie pour les salariés. N’oublions pas non plus que 70 % des salariés du privé dépendent soit directement, soit indirectement des grandes entreprises et que ces dernières ont les moyens de surmonter les difficultés réglementaires.
  3. Sans y adhérer véritablement, nous comprenons que les politiques d’entreprises qui limitent les stocks induisent des modifications du code du travail. Il faut donc imaginer de nouvelles modalités pour garantir une sécurité aux salariés. Cela n’a rien à voir avec la lutte contre le chômage et, en transformant les CDI en CDD déguisés, on est loin du compte …
  4. Le Premier Ministre, dans son dossier de presse, a dit : « Nous assumons d’avoir une vision de la société fondée sur la confiance dans les individus et leur capacité à prendre les bonnes décisions. Cette loi est un acte de confiance envers les organisations syndicales et patronales, à toutes les échelles ».
  5. Nous pensons également qu’aucune société n’est viable sans à-priori de confiance. Mais l’entreprise n’est pas un terrain neutre et serein : elle est dominée par une relation hiérarchique entre l’employeur et le salarié et par l’arbitraire du patron. Les mêmes grands patrons qui se plaignent des contraintes envoient leurs cadres chronométrer les performances de leurs salariés … Pour accéder à la forte expression du 1er Ministre, il faut rééquilibrer les pouvoirs dans les entreprises.
  6. Souvent, les patrons qui licencient disent qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Ce n’est vrai que si on admet d’avance les dogmes libéraux que nous contestons : priorité à la rémunération des actionnaires sur le travail et l’investissement, régulation par le marché … Nous pensons que ces dogmes nuisent à tout le monde, y compris aux entreprises.

Pour ces raisons, nous appelons à participer aux manifestations organisées le 31 mars.

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